Grève des 8 Jours : Un appui pour porter la lutte pour l'indépendance sur la scène internationale
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Dimanche 07 Mars 2021
Journal Electronique

La grève des 8 Jours (du 28 janvier au 4 février 1957), observée en pleine guerre de Libération nationale, a constitué un appui considérable pour porter la lutte pour l'indépendance sur la scène internationale, a affirmé le Pr Mohamed Lahcène Zeghidi, historien et enseignant à l'Université d'Alger. Cette action, décidée par le Front de libération nationale (FLN), était un «choix salutaire» pour appuyer le combat des Algériens pour l'indépendance lors la tenue de la 11e session de l'Assemblée générale de l'ONU consacrée à la cause nationale, a expliqué l'universitaire dans un entretien à l'APS.

L'historien estime qu'après le congrès de la Soummam, «il était impératif de mobiliser l'opinion publique internationale sur la cause algérienne et que le FLN en était le seul guide». «C'est la raison pour laquelle les membres du CCE avaient décidé de se lancer dans la lutte pacifique», a-t-il dit, ajoutant que jusqu'en 1956, les dirigeants du FLN «focalisaient sur l'organisation et la mobilisation à l'intérieur». L'universitaire considère que la grève des 8 Jours était un modèle d'organisation, car «tout a été pris en considération pour permettre au peuple, notamment les couches sociales défavorisées, de subvenir à leurs besoins durant la période de la grève», soutenant que cette action, qui était un tournant dans la guerre de Libération nationale, était «un pari réussi pour les dirigeants du FLN».
Zeghidi a souligné que l'adhésion à l'appel du FLN à travers le territoire national était le fruit de l'organisation et de la restructuration de la société après le congrès de la Soummam. Cela s'explique, poursuit-il, par le fait qu'en 1956, plusieurs organisations ont vu le jour, notamment l'Union des étudiants musulmans algériens, l'Union générale des travailleurs algériens et l'Union générale des commerçants algériens. En plus de l'écho jugé retentissant de la grève sur le plan international, l'événement a eu aussi des retombées à l'intérieur, selon l'historien. «La grève a fait avorter les réformes annoncées sous Jacques Soustelle et démoli la politique de la force et la solution militaire décidée par l'administration coloniale. Cet évènement historique a brisé le mur de la peur et montré l'adhésion du commerçant algérien à la Révolution», a-t-il ajouté.

La Zone autonome d'Alger mise à rude épreuve
La grève des 8 Jours était aussi une période difficile pour les militants de la Zone autonome d'Alger (ZAA), selon plusieurs témoins. Lachgar Mohamed Laïd, militant dans la ZAA, affirme que la grève était une réponse à l'administration coloniale qui «voulait démontrer par tous les moyens que le FLN ne représentait rien». «A ce moment-là, il y avait plusieurs tiraillements, les messalistes ont créé le MNA, un mouvement contre-révolutionnaire. Ensuite, il y a eu la création des Combattants de la liberté par les communistes. Le FLN a donc décidé de prendre les choses en main et voulait démontrer que le peuple était derrière lui», souligne Lachgar. Il affirme que l'armée coloniale considérait la grève comme «une action insurrectionnelle» pour justifier la répression, les tortures et les massacres qui ont été commis. En dépit de la répression, l'organisation de la ZAA, décapitée durant la grève, a été recréée au bout de deux mois, soutient Lachgar, soulignant que «la Zone autonome a résisté pendant plusieurs mois, malgré le quadrillage de la ville par l'armée coloniale et les actions spectaculaires qui ont été organisées». Belkacem Khezmat, délégué des moudjahidine de la daïra de Bab El Oued, était au moment des faits un transporteur d'armes à La Casbah d'Alger. Il dit se rappeler que la réaction des soldats français pour tenter de casser la grève n'a eu lieu qu'au troisième jour. «Les soldats ont saccagé les magasins et forcé les employés grévistes à se rendre à leur travail.
Il y a eu plusieurs arrestations, des emprisonnements, des tortures et des disparitions», raconte-t-il. «On a compris que le peuple devait être entendu dans le monde entier et que l'ALN n'était pas composée de bandits, mais de révolutionnaires», ajoute l'ancien transporteur d'armes, qui a été chargé durant la grève de collecter des fonds pour aider les familles nécessiteuses. Si Tahar, un militant de l'ALN à Clos Salembier, à Alger, évoque, pour sa part, «les glorieuses journées» de la grève des 8 Jours, mais qui ont été marquées par une violence de la part de l'armée coloniale. «Les paras avaient encerclé Alger et forcé des portes de maisons durant la nuit à la recherche de militants. Ils ont même déshabillé des femmes devant leurs maris, des magasins de commerçants grévistes ont été pillés», se remémore-t-il, les larmes aux yeux. Ce témoin considère que la grève avait permis de «fournir» les maquis, notamment ceux des Wilayas IV et III, en militants. «Ils fuyaient Alger. Ils préféraient tomber au champ d’honneur les armes à la main, que de mourir torturés», confie Si Tahar, rappelant que c'était la première fois qu'il voyait les Bérets verts, des unités de parachutistes spécialisées dans la torture. Il estime que l'ALN avait perdu, lors de cette grève, plusieurs de ses militants qui ont été soit arrêtés, soit liquidés et dont plusieurs demeurent, selon lui, disparus à ce jour. Bourahla Mohamed, militant de la Zone autonome et ancien condamné à mort, a été, lui, arrêté à l'issue de la grève et est resté détenu près de trois mois dans une villa en construction, occupée par les paras à El Biar. «J'étais au milieu de plusieurs personnes qui étaient avec moi en détention, torturées à mort pour certaines d'entre elles, portées disparus à ce jour, pour d'autres», se souvient l'ancien condamné à mort, 64 ans après les faits.

  • reboisement  barrage Douira
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L'agenda

 

Ministère de la Solidarité

La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mme Kaoutar Krikou, présidera, le 8 mars  à 14h, au siège du ministère des Affaires étrangères, la cérémonie de célébration de la Journée internationale de la femme.

Ministère de l’Environnement

La ministre de l’Environnement, Mme Dalila Boudjemaâ, présidera, le 8 mars  à 11h, la cérémonie célébration de la Journée internationale de la femme de célébration où les femmes du secteur seront à l’honneur.



Opéra d’Alger
L’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh lance des ateliers d’initiation au chant ouverts dans les répertoires traditionnels et universels. Les inscriptions auront lieu jusqu’au 15 mars 2021.



HCA

Le Haut-Commissariat à l’amazighité organise, le 8 mars, dans la wilaya de Tipasa, une table ronde suivie d’une présentation exclusive des actes du Colloque international «La résistance de la femme dans l’Afrique du Nord de l’Antiquité au XIXe siècle».

DGF

La Direction générale des forêts organise, les 7 et 8 mars, au Centre international des conférences, Alger, un atelier d’élaboration du plan d’action pour la promotion des produits forestiers non ligneux en Algérie.


Don de sang

La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire don de sang.

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