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L’Afrique au cœur 

L’Afrique est le nouvel horizon de l’Algérie. Non pas qu’elle vient de subitement découvrir ce continent pétri de richesses naturelles, mais parce que l’Afrique vient de s’éveiller à sa force et à ses potentialités. L’Afrique a commencé à croire en elle-même et en un destin plus prospère pour ses peuples. Si ce n’est que le début d’une longue marche, il est un fait, les Africains s’éloignent inéluctablement des chemins sans issue, quand ils ne débouchent sur des situations dramatiques, que les anciennes puissances coloniales ont toujours poussé à emprunter. Encore en lutte pour sa propre indépendance, l’Algérie avait déjà pleine conscience de sa dimension africaine et de la communauté de destin qui la liait au reste du continent. Indépendante, l’Algérie n’a pas ménagé ses efforts, ni épargné ses moyens pour aider les peuples opprimés et achever la libération du continent du joug colonial. Qui ne se souvient de la fameuse répartie d’Amilcar Cabral : «Les chrétiens vont au Vatican, les musulmans à La Mecque et les révolutionnaires à Alger.» Il aura fallu quelques décennies pour que l’Afrique passe son âge ingrat et tire enseignements de ses dures leçons. Mais aujourd’hui, le fait est là : l’Afrique a bel et bien entamé sa mue politique et son essor économique, que la mise en place d’une zone de libre-échange, effective depuis le début de l’année en cours, ne pourra que transformer, durablement, en véritable dynamique. Les experts le crient sur tous les toits, l’Afrique est le nouvel eldorado, l’Afrique sera dans le futur proche nouveau moteur de la croissance mondiale. Et tous les prétendants s’empressent à investir ce champ quasi vierge. L’Algérie n’est évidemment pas de taille à concurrencer des puissances comme l’UE, les USA ou la Chine, mais elle n’en est pas moins capable de se tailler une place à sa dimension et de se ménager des perspectives à la hauteur de ses ambitions. C’est d’ailleurs une des missions que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a assignée à l’équipe gouvernementale actuelle qui peut compter sur les atouts non négligeables dont dispose le pays, à commencer par son aura auprès des peuples et dirigeants africains, de son appareil économique suffisamment solide et des infrastructures qu’elle a déjà érigées et des nouvelles qu’elle s’efforce de déployer en faveur de la densification des échanges avec le reste du continent. L’intérêt que l’Algérie porte à l’Afrique ne se limite pas au seul volet économique, qu’elle lie d’ailleurs à l’impérieuse nécessité d’asseoir définitivement un climat de paix et de sécurité au sein du continent, tout comme elle élève en élément fondamental le dialogue inclusif comme moyen privilégié de règlement des différends politiques qui peuvent survenir, tant au sein d’un même pays, qu’entre voisins frontaliers ou régionaux. L’Afrique, dans la conception du président de la République, n’est pas un simple horizon conjoncturel imposé par des considérations mercantiles, mais une vision stratégique dont l’objectif ultime est d’atteindre une véritable émancipation du continent.
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