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Un nouveau mode de gouvernance électorale

Des acquis importants jalonnent la quête d’un avenir démocratique débarrassé des scories du passé et porteur des aspirations au changement revendiqué par le peuple algérien. En une année, la nouvelle Algérie a su transcender le péril de l’effondrement de l’Etat national, en adéquation avec le sursaut patriotique du hirak originel, pour poser les jalons d’un Etat au service des citoyens et des intérêts nationaux. Cette ligne de démarcation, clairement affirmée dans les 54 engagements pris par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et confortée par l’élection présidentielle plurielle, transparente et crédible, véhicule le choix d’un nouveau mode de gouvernance aux antipodes de l’autocratie, du clientélisme et de la corruption institutionnalisée. Les avancées sont indéniables. «Ce qui a été réalisé sous sa présidence n’a pas été réalisé par d’autres durant des années», a souligné le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer. Le train des réformes est activement lancé. En socle incontournable, la Constitution consacre l’alternance au pouvoir, la limitation des mandats présidentiels et parlementaires, le renforcement des prérogatives du chef du gouvernement ou du Premier ministre, le renforcement du contrôle parlementaire et du rôle de l’opposition et la consolidation de la liberté d’expression, de manifestation, de réunion et de création des associations dissoutes uniquement par voie de justice. Ce sont des acquis qui sont appelés à être approfondis, à la lumière de la révision dans les plus brefs délais de la loi organique portant régime électoral qui sera inévitablement suivie par la refonte de la loi sur les partis et l’information. La remise à niveau du paysage politique s’impose. Elle constitue une urgence pour mettre fin aux dérives du despotisme, de l’infantilisation de la classe politique soumise à la loi de l’allégeance, de la manipulation des urnes, du règne de la corruption et de l’achat des consciences. A la faveur de l’expérience acquise par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), un «nouveau mode» est conçu pour garantir l’équité et la régularité du processus électoral à travers des modalités de financement des campagnes électorales. Selon le président de l’Anie, Mohamed Charfi, il est prévu un audit qui sera établi par un comité indépendant, formé des représentants du Conseil d’Etat, de la Cour des comptes et de la Cour suprême, pour veiller au respect de l’éthique. Le temps de la «chkara» est terminé. Il appartient, dès lors, à la société civile, en partenaire du nouveau système électoral, de se mobiliser pour favoriser le changement démocratique et la construction des institutions légitimes et réellement représentatives de la volonté populaire.
Horizons