Tlemcen : Chronologie d’une splendeur
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Lundi 30 Novembre 2020
Journal Electronique

Tlemcen vous donne rendez-vous cette fois-ci avec un cachet particulier. Un sujet culturel du temps où Tlemcen était si belle, attirante et dont le passé était si prospère...

 

Ancienne métropole culturelle, elle a joué un rôle important à travers les âges, un rôle majeur aussi dans l’histoire méditerranéenne tant sur les plans politique que culturel. Du néolithique à la colonisation française, Tlemcen entretient beaucoup de relations avec le pourtour méditerranéen. Plusieurs savants et intellectuels importants et célèbres ont vécu et/ou étudié à Tlemcen, parmi lesquels de grands savants soufis tels Abou Médiene Chouaib et Mohammed Ibn Youcef Essenouci.

Un carrefour de civilisations

Selon le Dr Benssenouci El Ghouti, la métropole évoque l’évolution de la civilisation de l’Homme avec une suite extrêmement variée de réalisations culturelles où s’entrecroisent des influences diverses (berbères, arabes, africaines, andalouses, latines, germaniques, espagnoles, turques et françaises) et où le fait culturel a joué un rôle important dans la régulation et l’encadrement de la vie en société. Le fait religieux, en particulier, a eu des incidences notables sur l’aventure humaine. A Tlemcen et durant des siècles, a-t-il rappelé, musulmans, juifs et chrétiens ont su y vivre ensemble, souvent en bonne intelligence, à telle enseigne que certains historiens n’hésitent pas à surnommer Tlemcen « La Jérusalem du Maghreb ». Comme elle, elle s’enorgueillit de réunir sur son territoire les substrats d’un patrimoine multiconfessionnel connu ; comme les deux mausolées considérés, aujourd’hui encore, comme de hauts lieux de pèlerinage : pour les Musulmans, celui de Sidi Abou Médiène (un grand nom du soufisme maghrébin du XIIème siècle) et pour les Israélites, celui d’Ephraïm En’Kaoua (grand rabbin, arrivé d’Espagne en 1391 pour fuir les affres de l’inquisition. Éminent thérapeute formé à l’école de Tolède, ce dernier fut longtemps au service du sultan zeyyanide Abou Tachfîne). D’ailleurs, au-delà de cet héritage spirituel qu’ils partagent avec les peuples du bassin méditerranéen, ceux-ci s’abreuvent aux mêmes sources des coutumes et des traditions. Les différences sensibles que l’on y décèle restent plutôt liées aux influences locales qu’à une différenciation originelle. Les peuples, fera observer Dr Bessenouci El Ghouti, vivant sur les deux rives de la Méditerranée conservent,en effet, la quintessence de l’héritage culturel commun qui prit naissance dans ce carrefour fondamental des grandes civilisations et ils se sont façonnés, de part et d’autre,des affinités qui les maintiennent en perpétuelle recherche, ant sur le «jeu» de mémoire que sur la «pulsion» qui les invite à de nouvelles créations. Sur le plan musical,par exemple, la musique classique, dite arabo-andalouse,se maintient grâce à une tradition orale dans laquelle mélisme et autres ornementations restent significatifs d’une synthèse des civilisations orientales et occidentales qui ont dominé l’espace méditerranéen. Cette tradition, représentée à Tlemcen par l’école «Gharnatie» qui se revendique de Grenade,établit,s’il en faut, l’interaction entre ces peuples qui a donné naissance à une expression culturelle incorporant les divers éléments mélodiques et rythmiques de la Méditerranée.

Un musée à ciel ouvert

Spécialiste en architecture musulmane, Docteur Bessenouci el Ghouti relève que Tlemcen est aussi un grand musée à ciel ouvert et son registre patrimonial demeure riche et très divers. Il comprend, entre autres, la plus grande part des biens culturels arabo-musulmans de l’Algérie : son patrimoine monumental se compose de quelques 40 mosquées, de plus de 16 mausolées, de médinas, de casbahs, de citadelles, d’ouvrages hydrauliques, de hammams, de remparts et de relais. A cela s’ajoute de nombreux vestiges remontant à la préhistoire (habitats troglodytes d’El-kalâa) ou à la protohistoire (périodes berbère et carthaginoise), à l’occupation romaine (Altava et Tepidea) ainsi que d’importants ouvrages de l’époque coloniale française (édifices religieux, constructions militaires et civiles, fortifications, etc.). Ceci dit, il n’est pas une lueur d’une époque dont cette ville n’ait gardé l’empreinte, et ses monuments d’une richesse historique et artistique attestée sont autant de notes dans la prestigieuse gamme de l’art universel. En se déplaçant d’est en ouest, la ville de Tlemcen, tout au long de son histoire, a pris successivement plusieurs noms : Agadir, Pomaria, Tagrart et enfin Tlemcen. Dire que Tlemcen apparaît, selon notre interlocuteur, dès le début, comme une ville étape entre l’Orient et l’Occident musulmans et s’impose comme centre principal du Maghreb Central. L’histoire de la ville musulmane commence à partir du VIIe siècle, et, dès la seconde moitié du VIIIe siècle, Agadir fait figure de métropole du schisme kharijite avec les Béni Ifren, la plus importante des tribus Zenâta. En 790, elle est occupée par les Idrissides et demeurera, pendant tout le IXe siècle, un pôle de diffusion de leur influence religieuse à travers les campagnes du Maghreb Central.

Les Amoravides bâtisseurs du nouvel art musulman

La prise de la ville par les Almoravides, au XIe siècle, marquera une étape décisive dans son évolution puisque ceux-ci édifièrent une nouvelle cité sur un plateau de l’ouest d’Agadir et lui donnèrent le nom de Tagrart (campement). Ce premier dédoublement était d’ailleurs une pratique courante dans la tradition des musulmans, comme à Fostat (le premier Caire) et à Kairouan. Sous les Almoravides, un nouvel âge commence pour l’art musulman de cette région. Ces derniers, après la conquête de l’Espagne andalouse, allaient très vite s’affirmer en bâtisseurs de forteresses, mais surtout de sanctuaires tels que le Maghreb n’en avait encore jamais vus. Tlemcen en conserve une somptueuse mosquée, considérée comme l’un des spécimens les plus beaux et les mieux conservés de l’art almoravide. Ces sultans maghrébins avaient, en effet, conquis l’Espagne musulmane mais ils furent conquis par la civilisation andalouse à laquelle ils venaient d’ouvrir, pour longtemps, les frontières du Maghreb. En 1143, les Almohades, venus du Maroc, prirent possession de Tlemcen et en firent un chef-lieu de leur empire. Vers 1154, Al-Idrîssi la décrit comme une ville florissante par ses aspects urbains, sociaux et économiques.Plus encore que les Almoravides,les Almohades se faisaient les mécènes de l’art hispano-mauresque et allaient contribuer à la naissance d’un « syncrétisme» de l’art musulman occidental qui se développa entre l’Ifriqiya et l’est du Maghreb Central, d’une part, et les terres occidentales de l’Andalousie, d’autre part. Tlemcen est ainsi élevée au rang de ville royale, et elle s’affirme comme un pôle de la science et des arts.C’est à cette époque que l’on voit, vraisemblablement,la construction de nombreux édifices religieux, civils et militaires qui attestent tous, et sans équivoque, de l’empreinte andalouse, ce qui s’explique naturellement par les échanges continuels entre ces deux régions. Dès lors ,elle est devenue un lieu de rayonnement de la culture musulmane avec ses medersas et sa tachfiniya.

L’essor de la science et l’enseignement de la tolérance

Lors de notre long entretien, le Dr Bessenouci El Ghouti, qui est l’auteur de plusieurs ouvrages, a souligné le rôle de cette ville qui « tour à tour, capitale régionale aux époques almoravide et almohade, puis capitale du Maghreb central à l’époque Zianide, Tlemcen a abrité pendant ses années glorieuses de nombreux saints et savants. L’une de ses madrasas les plus célèbres, la Tachfiniya, dont le rayonnement culturel s’était propagé jusqu’à l’Orient et l’Andalousie, fut le siège d’un enseignement aussi intense que plurivalent ; on y enseignait toutes les sciences connues en ce temps et on y accueillait des étudiants venus de toutes parts. Sur la direction avisée du sultan, l’on y dispensait un enseignement basé essentiellement sur une tolérance intelligente et franche ; cette ouverture d’esprit permettait ainsi l’avènement de nouvelles méthodes d’éducation qui ont produit cette profusion savante qui versa souvent dans l’érudition et porta ses fruits à l’humanité entière. La Tachfiniya, de par la richesse de son enseignement et la beauté de son architecture, dépassait toute imagination. Cheikh El Tenessi rapporte ainsi dans sa description de cette université que tous ceux qui pénétraient en ce lieu étaient émerveillés par la beauté de son éclat.La Madrassa Tachfiniya fut détruite par les français en 1873.» Quant à «Dar’El’Moudjadala»,c’était un autre haut lieu de la science.Située sur la colline d’El Koudia, c’était un centre de savoir mais surtout un observatoire astronomique qui permettait aux initiés de suivre et d’observer le mouvement des astres. La littérature médiévale fait référence à de nombreuses œuvres produites à Tlemcen (sur la demi-dizaine de siècles qui s’étend de l’avènement de l’empire almoravide (XIe siècle) à la chute du sultanat zianide ( fin du XVIe siècle).Cette littérature se compose autant d’œuvres religieuses que séculières, et constitue un champ d’étude riche et complexe. Elle révèle l’existence de nombreuses formes qui contiennent en germe tous les genres littéraires et scientifiques modernes. L’occupation permanente de la ville par les Français, en 1842, a-t-il enchaîné , s’inscrivit dans une stratégie militaire de la colonisation dont les préoccupations étaient de s’emparer des villes fortes de l’Emir Abd-el-Kader, de paralyser toute tentative de résistance et d’assurer la sécurité et l’ordre dans les plaines du littoral fraîchement conquises. C’est dans ce cadre que la cité de Tlemcen a subi toute une série de modifications bouleversantes dont les effets constituent un des héritages les plus aliénants.

Des milliers de métiers durant l’ère des Zianides

A propos de la place de l’artisanat dans ladite cité, Yahia Ibn-Khaldoun recensait, ainsi, pas moins de 4000 métiers à tisser durant les temps forts de la période zianide. En revanche, pour le milieu du XIVe siècle, André Cochet signale le chiffre de 500. Enfin, Alfred Bel, suite à un recensement effectué vers 1911, dénombre 44 ateliers. Aujourd’hui, on en compte beaucoup moins. De même, le commerce était loin de constituer une activité autarcique et le caractère international des échanges avec d’autres métropoles était fortement attesté. En effet, la ville de Tlemcen comptait dans ses murs, au début du XIVe siècle, environ 2.000 marchands venus de diverses régions d’Europe. A la même époque, un nombre égal de mercenaires servait le souverain régnant, et cette colonie de 4.000 personnes vivait en paix, au quartier de la Kissaria, au milieu d’une population locale qui dépassait les 120.000 foyers. Construite sous les Zianides, cette Kissaria était délimitée par une enceinte crénelée comprenant deux portes et couvrait une superficie d’environ cinq hectares. Elle fut détruite, à la fin du XIXe siècle, par l’administration française d’occupation qui n’a épargné qu’un seul axe principal, la rue piétonnière où règne jusqu’à présent une activité commerciale très intense. Jadis terre de rencontre, de paix et de tolérance, la capitale du Maghreb avait toujours été l’initiatrice des unions des pays arabes, Syrie, Égypte, et autres rois berbères. Tlemcen, demeure cette terre d’hospitalité et de culture ancestrale.
M. M.

 

  • reboisement  barrage Douira
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Santé

Environnement

Destination Algérie

    • 61 projets en cours de réalisation à Tizi Ouzou

      Pas moins de 61 projets d’investissement touristiques privés sont en cours de réalisation dans la wilaya de Tizi Ouzou a indiqué le directeur local du tourisme, Rachid Gheddouchi. Ce dernier nous a indiqué que 440 projets d’investissement dans le domaine du tourisme ont été déposés au niveau de ses services. Ainsi ces différentes structures «mettront à la disposition du secteur quelque 7 200 lits et généreront quelque 3 564 emplois» a-t-il indiqué. Sur les 61 projets on compte des hôtels, des auberges, des centres et villages de vacances, des terrains de camping ainsi que des résidences touristiques.

Histoire

Sciences et Technologies

    • Google ouvre son application de conférences vidéo au grand public

      Google a annoncé mercredi la mise à disposition gratuite de la plateforme de conférences vidéo, Google Meet, destinée au grand public.

      L'application va être progressivement étendue au grand public dans les prochaines semaines, à condition de disposer d'un compte Google (Gmail) ou d'une "identité Google", que l'on peut créer avec n'importe quel email personnel ou professionnel.

      Google Meet était jusqu'à présent réservé aux clients professionnels, soit 6 millions d'entreprises et organisations qui utilisent G-Suite, la gamme de logiciels de Google (avec les emails, le calendrier, le partage de documents, etc).

L'agenda

 

Radio algérienne


Le forum de la Radio diffusé sur la Chaîne I de la Radio algérienne en collaboration avec la Télévision algérienne et Algérie Presse Service, invitera, le 30 novembre à 10h au Centre culturel Aïssa Messaoudi, le conseiller auprès du Président de la République, chargé des zones d'ombre, M. Brahim Merad.

 Laboratoire Roche Algérie
Le laboratoire Roche Algérie inaugure sa série de formations en ligne (par zoom) en direction des journalistes, avec une première session répartie en deux groupes, les 30 novembre et 1er Décembre de 13h30 à 16h30.

Ambassade d’Italie
La 5e édition de la Semaine de la cuisine italienne dans le monde se déroulera en virtuel du 23 au 29 novembre.

 

Cinémathèque algérienne
La Cinémathèque algérienne rend hommage sur son site web et sa page facebook aux grands cinéastes du cinéma mondial qui ont dans le passé fréquenté sa salle obscure dans le cadre des cycles et festivals qu’elle a organisés.

Institut Cervantès d’Alger
Depuis le début du confinement au mois de mars dernier, l’Institut Cervantes d’Alger avait lancé trois sessions de cours d’espagnol par vidéo conférence. Pour ce mois de décembre et suite à une demande croissante, l’Institut offrira à nouveau des cours en présentiel au niveau de son centre. Cette formule viendra compléter la modalité en ligne qui sera toujours maintenue.

Championnat national militaire de judo
Le complexe sportif régional de la 1re Région militaire à Blida abritera, du 23 au 26 novembre, le championnat national militaire de judo.

 

 Batimatec
La 23e édition du Salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics (Batimatec 2020) qui devait se tenir du 22 au 26 novembre 2020, au Palais des Expositions des Pins Maritimes (Alger) est reporté au 7 juin 2021.

Salon de la pharmacie
La 4e édition du Salon professionnel de la pharmacie, de la parapharmacie et du confort au quotidien (Pharmex 2020) ouvrira ses portes le 12 au centre des conventions d’Oran Mohamed-Benahmed.

 

 Assemblées virtuelles au TNA
Le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi organise, durant le mois de novembre, des «assemblées virtuelles» (Al-Majaliss al-Iftiradhiya) animées par le journaliste et écrivain Abderrazak Boukkeba. Il s’agit de rencontres hebdomadaires, qui se tiennent tous les samedis du mois .

Assurance et finance islamique
Sous le patronage du Haut-  Conseil islamique, le 2e Symposium algérien de l’assurance et de la finance islamique aura lieu les 22 et 23 novembre 2020 à Alger.

 

Algérie Télécom

Algérie Télécom a lancé, depuis le 27 mars, le service de demande de ligne téléphonique et celui de la signalisation des dérangements via son site web : www.algerietelecom.dz 
Les nouveaux demandeurs de ligne pourront suivre à distance, via le courrier électronique, les étapes de l’étude de réalisation, et les abonnés professionnels pourront signaler le dérangement de leur ligne directement sur le site web sans déplacement.

Don  de sang
La Fédération   algérienne des  donneurs de sang  lance un appel à  l’ensemble de la  population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire un don de sang.

 

Sports Divers

Hebergement/Kdhosting : kdconcept