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Entretien réalisé par Assia Boucetta

 

Observée dans de nombreux pays depuis sa création en 1981, la Journée internationale de la paix qui coïncide avec le 21 septembre de chaque est l’occasion de renforcer les idéaux de paix dans le monde. L’Algérie qui s’apprête à célébrer cet événement ne cesse de déployer ses efforts en faveur de la promotion de la culture de la paix, de la tolérance, de l’inclusion et de la réconciliation.  Dr Mohammed Salim Hammadi expert en relation internationale et enseignant à l’université de Blida revient dans cet entretien sur le rôle de l’Algérie et sa diplomatie dans le maintien de la paix dans la région et dans le monde.  

Quels sont les enjeux majeurs de la journée internationale de la paix 2020 ?

La paix est un simple slogan pour couvrir le libéralisme mondial. Et toutes les organisations internationales qui prétendent lutter pour cet idéal ont été crées par les grandes puissances de ce monde. On ne peut parler aujourd’hui de paix, alors que toutes les guerres sont concentrées dans la région du monde arabe dont la question palestinienne qui occupe une place majeure dans la géopolitique du Proche-Orient. Cette journée peut, toutefois, être l’occasion pour sensibiliser sur ces conflits et sur cette insécurité qui a envahi le monde, d’autant plus que  le centre décisionnel semble avoir définitivement glissé du côté du libéralisme et des multi nationales. Et tant que nous sommes face à un développement économique aussi disparate et déséquilibré, il n’y aura jamais de vrai paix.  

Dans un monde plus que jamais instable, quel est le rôle de l’Algérie pour garantir la stabilité et la paix ?

L’Algérie est un pays progressiste qui a toujours défendu les causes justes, les valeurs révolutionnaires et les peuples opprimés. Nous avons, dans ce cadre, toujours prôné le respect du droit international. L’inflexibilité de la position de l’Algérie sur ce qui se passe dans le monde arabe est un exemple édifiant. Nous avons toujours été contre l’invasion de l’Irak, de la Syrie et de l’ingérence étrangère en Libye. L’Algérie est le seul pays qui a tenté de rapprocher entre les différentes parties en Libye pour préserver l’unité de ce pays qui demeure une question stratégique pour la stabilité de la région. Nous soutenons dans cette démarche que les Etats reconnus par les Nation-Unis au détriment des milices armée, et ce, pour éviter toute escalade de la situation sécuritaire dans les pays en conflit. C’est le cas au Yémen, en Libye et au Mali où l’Algérie a  tracé un chemin de paix  à travers sa position et sa stratégie basée sur le développement socio économique de ce pays.  Nous sommes des artisans de la paix ouverts au dialogue sans exclusions ni manipulations, c’est pourquoi on ne s’allie jamais avec les personne et les groupes.

La position de l’Algérie concernant le conflit au Sahara occidentale s’inscrit-il dans cette logique ?

Le Sahara Occidentale lutte depuis des années  pour son droit à la liberté, à l’indépendance et à l’autodétermination. C’est la cause d’un peuple qui a été victime d’un complot dirigé par l’Espagne, la France, le Maroc et la Mauritanie.
L’Algérie soutien le processus de décolonisation du Sahara Occidental qui une cause onusienne juste souffrant d’une violation fragrante du droit international.  La position de l’Algérie demeure constante lorsqu’il s’agit de la question du RASD qui est un droit inaliénable et indéniable comme elle l’a déjà fait avec les autres dossiers qui requièrent l’application des résolutions de l’ONU. C’est une position de principe qui soutient toutes les causes justes et indéfectibles.  

Après une longue absence sur la scène internationale, la diplomatie algérienne revient en force pour contribuer à construire un chemin de paix dans la région et dans le monder. Un commentaire.
La nature du système de gouvernance qui dominait ces dernières années avait comme principale stratégie de mettre à l’écart la diplomatie algérienne dans le traitement de plusieurs affaires. Or les relations internationales sont essentiellement basées sur des alliances permanentes car rien n’est acquis d’avance. Ce qui a fait perdre à l’Algérie sa position d’antan, alors qu’elle devait être à la pointe du combat diplomatique notamment dans le dossier libyen. Nous avons mis  beaucoup de temps avant de  réagir et de rattraper ce retard avec la venue du ministre actuel des Affaires étrangères qui a su redynamiser notre diplomatie pour jouer pleinement son rôle dans cette région.  

A.B